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"Notre objectif est de redynamiser la ville"
Le 23 janvier 2023, une marche réunissant les commerçants florennois a eu lieu. Elle avait pour but de promouvoir une motion. Dans cet entretien, Stéphane Lasseaux, bourgmestre de Florennes, nous parle de l’avenir de Florennes et de ses petits commerçants. La motion a pour but d’inciter le gouvernement à venir en aide à ceux qui font vivre nos centres-villes et qui sont tant mis à mal par les dernières crises.  
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Le bourgmestre lors de la marche des commerçants le 23 janvier 2023

©EdA

De plus en plus de commerces ferment à Florennes. Qu’en pensez-vous ?

La difficulté est multiple. La désertification des centres-villes est un constat général, il n’est pas propre à Florennes. La création des zonings y joue un rôle. Les commerces sont par ailleurs en difficulté à cause de la crise énergétique. Pour certains, les factures d’énergie ont été multipliées par cinq. Enfin, la succession de crises (covid, inondation, économie, énergie…) a engendré une certaine morosité qui n’incite pas toujours au dynamisme. Ma volonté en tant que bourgmestre a toujours été de redynamiser le centre, et en particulier les commerces, mais c’est difficile dans ce contexte. 

 

L’exode des commerces du centre-ville de Florennes est-il dû uniquement à la crise ?

Non, de nombreux facteurs l’expliquent : la concurrence du commerce en ligne par exemple. Par ailleurs, moins de personnes traversent le centre de Florennes pour plusieurs raisons : le changement de l’accès à la base militaire ; les arrêts de bus décentralisés – avant, ils s’arrêtaient tous à la place Verte ; le fait que moins de parents amènent leurs enfants personnellement à l’école car souvent, les deux parents travaillent… Il faut ramener du monde dans Florennes.

 

D’autres communes rencontrent-elles le même problème ?

Sans doute, mais elles ont parfois réagi différemment. A Florennes, l’association des commerçants a toujours lutté contre l’implantation de grandes surfaces commerciales, par crainte de concurrence. Je pense que cela a handicapé le développement des commerces. J’ai longtemps fréquenté Philippeville. Auparavant, ce n’était pas du tout une ville commerçante, mais l’arrivée du zoning a changé la donne.

 

Le 23 janvier, une marche des petits commerçants à laquelle vous avez participé a eu lieu à Florennes dans le but de pousser le gouvernement fédéral à leur venir en aide. Une motion a été votée par la commune dans ce sens. Le gouvernement a-t-il réagi ?

Nous n’avons pas juste participé, nous avons en fait initié cette marche, ce qui est assez inhabituel. Ce type de rassemblement provient en général des citoyens et non de la commune. La motion a été votée le jeudi 26 janvier. Nous attendons la réponse du fédéral.

 

La région wallonne a récemment lancé un appel à projet appelé “objectif proximité”. L’avez-vous rejoint ?  

Le projet (ndlr : l’appel à projets “objectif proximité" vise à relancer de nouvelles activités, dynamiques, créatives, innovantes et attrayantes, afin de rebooster l’attractivité dans les centres urbains et ruraux) n’a pas encore abouti mais la commune espère en faire partie. Elle a d’ailleurs soumis un dossier bien charpenté dans le but d’y prendre part. Pour le construire, elle a été aidée par le Bureau économique de la province (BEP), l’Union des classes moyennes (UCM) et l’Association du management de centre-ville (AMCV). Ces différents opérateurs ont donné des pistes pour redynamiser le centre-ville. Cela nous a aidé à monter le dossier. Nous espérons que notre candidature sera retenue.

 

Des aides ont-elles été mises en place pour aider les commerçants à tenir ou à s’installer ?  

Lors de la crise covid, nous avons accordé des réductions de taxes voire des suppressions de certaines. Aujourd’hui, beaucoup de gens se plaignent des taxes à Florennes. Elles sont pourtant nécessaires pour financer toute une série de projets.

 

Vous parliez tout à l’heure de redynamiser le centre. Comment faire ?

Ce dynamisme pourrait venir d’une association des commerçants forte. Elle fonctionnait très bien auparavant. Les commerçants se parlaient, créaient des projets. Les galeries commerçantes proposent des animations qui attirent du monde. Il faut s’inspirer de cela pour ramener du monde à Florennes. L’échevin du commerce et moi-même, aidés d’Aurélie Marichal de l’UCM, rencontrons les commerçants pour les conseiller dans ce sens. 

 

Durant plusieurs années, la région a financé une cellule de gestion centre-ville composée d’un gestionnaire, d’une secrétaire et deux stewards urbains. Cette organisation ne coûtait que 30 000 euros à la commune annuellement pour 4 emplois car tout le reste était financé par des fonds régionaux. Cette cellule dont j’étais le président a organisé des nombreuses activités qui faisaient bouger Florennes. Je pense au mois des papilles où l’on faisait travailler ensemble restaurateurs et artisans producteurs. Pendant cette période, tous les restaurants étaient pleins. Une autre opération, marché léger, consistait à aider les personnes à ramener leurs courses chez elles. Malheureusement, cette cellule a été arrêtée. Nous avons souhaité la relancer mais la région s’y est opposée. Les projets amènent du monde. Il faut donc en relancer.

 

Avez-vous des conseils pour les petits commerçants pour les aider à surmonter les crises ? 

Dans un futur proche, des compteurs intelligents vont être mis sur le marché: ils feront en sorte de déconnecter le réseau électrique lorsqu’on n’a pas besoin d’électricité (ndlr : lorsque, par exemple, une boulangerie est fermée la nuit, l’électricité peut être coupée car les frigos resteront suffisamment froids). Ce compteur permettrait par ailleurs d’avoir de l’électricité au prix du jour, ce qui pourrait être intéressant. Avec la crise énergétique que nous traversons, les prix fluctuent beaucoup. Couper l’électricité lorsqu’on n’en a pas besoin et passer tout l’éclairage aux leds sont deux solutions permettant de faire baisser le prix énergétique. Par ailleurs, ceux qui peuvent se le permettre pourraient investir dans des panneaux photovoltaïques. Ce serait un très bon investissement pour faire diminuer les frais liés à l’énergie. Des conseillers en énergie peuvent accueillir les commerçants afin de leur proposer des pistes pour moins consommer. Lors de la marche du 23 janvier, nous avons rappelé toutes les aides disponibles pour les petits commerçants tant au niveau fédéral qu’au niveau communal. 

 

G. Herbay, T. Lotin 

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